Défiant un monde
qui ne prévoyait pas de place pour lui, Mazarin, un étranger
sans naissance ni fortune, a gagné sur tous les tableaux. À
sa mort, il se trouvait maître de la France et arbitre de l’Europe,
plus puissant que ne le fut jamais aucun ministre : ascension d’autant
plus insolite qu’elle a échappé au naufrage final qui
guette ce genre d’exploit. Il s’est fait lui-même, il a
travaillé, il s’est battu, il a failli sombrer, il a triomphé
de tous les obstacles. Il dut à son intelligence et à sa ténacité
une victoire sans appel. Sa victoire était aussi celle de la France,
à l’issue de la longue lutte qui l’opposait à la
maison d’Autriche, et elle apportait à l’ensemble de l’Europe
la paix ardemment désirée.